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Pebereeau

L'industrie, une passion française

Intervention de Georges Pebereau à l'AHTI mercredi 11 janvier 2006

livreUn extrait audio mp3

----- Forwarded message from Jean Bellec -----

Thu, 12 Jan 2006 02:17:17 -0800 (PST)
From: "Jean Bellec" <jeanbellec@wanadoo.fr>
To: "FEB Histoire" <FEB_hist@googlegroups.com>
Subject: Conférence de Georges Pébereau à l'AG de l'AHTI 11 janvier 2006

Georges Pébereau a présenté à l'AHTI mercredi 11 janvier 2006 un résumé de
son livre, rédigé avec Pascal Griset, historien. Le titre en est
"L'industrie, une passion française " publié aux PUF en mars 2005.
L'enregistrement de la conférence sera publié par l'AHTI dans quelques mois.

J'essaie de résumer ici une version subjective de ce que j'en ai retenu.
D'autres membres de ce forum présents hier soir pourront la corriger ou la
compléter.

Georges Pébereau X50, Ponts (ne pas confondre avec son frère Michel, auteur
d'un rapport récent sur la dette à Villepin, a été aux commandes (comme DG
sous Ambroise Roux, puis comme PDG) de la Compagnie Générale d'Électricité
de 1968 à 1987 (?).

Le temps imparti à cet exposé et aux questions n'a guère permis
d'approfondir le rôle du conférencier dans le dégagement de la CGE de
l'informatique (le Yalta confiant la CII à Thomson-CSF, la formation de
CII-HB, la cession de CII-HB à Saint-Gobain et la cession de Transac à
Bull). Ce qu'il en a dit hier a été qu'il s'est débarrassé d'une entreprise
qui perdait structurellement de l'argent.

IL s'est entretenu davantage sur la partie téléphonique de son ancien empire
où il partait d'une petite entreprise CIT vivant à l'ombre de la rente
fournie par les PTT au groups de ITT France pour finalement acquérir une
place mondiale, grâce à la foi dans la commutation électronique , où une
symbiose s'est bien faite avec le CNET, grâce aussi à s la prise de
contrôle, un peu au bluff, de ITT Europe (qu'il a trouvé dans un état assez
décrépi, mais où il a e à gérer la coexistence de deux gammes de produits
E10 et 1240).

Cependant, l'essentiel du message a été consacré à la justification de "la
politique industrielle" des années Pompidou [et j'ajouterai du gouvernement
d'une technostructure (celle qui a régné chez General Electric et IBM) ]
par opposition au gouvernement des financiers devenu la règle depuis 1986.
CGE a pu se développer en grande partie par sa situation de conglomérat qui
n'était pas obligé à la transparence des résultats au trimestre de toutes
ses filiales et en conséquence a permis un développement sur le long terme
de celles-ci.
Après lui, et ce n'est pas à P Suard qu'il en veut, l'empire CGE a été
démembré sous prétexte de transparence financière et de spécialisation des
filiales devenues des proies pour le capital étranger.

L'empire regroupait:
-le téléphone avec la CIT puis les filiales de ITT (regroupées aujourd'hui
dans Alcatel [mais sans usines, d'après leur PDG d'aujourd'hui])
-le logiciel orienté téléphonie. C'était GSI (créé par Georges Besse, dirigé
ensuite par Balladur et qui a fait l'objet d'un LBO spéculatif par Jacques
Raiman)
-les batteries avec SAFT
-les moteurs électriques où Alsthom (reprise à Thomson) était le leader
européen devant Siemens. La reprise des Chantiers de l'Atlantique ne devait
être que provisoire mais a duré jusque 2006! Alsthom était dans les
transports (en symbiose avec la SNCF -TGV- et la RAP -RER-) et surtout dans
les centrales électriques.
-Framatome (maintenant devenu Areva) était dans le nucléaire et en symbiose
avec Alsthom et EDF (ainsi que le CEA civil) et la CGE était devenue la
première entreprise mondiale d'électronucléaire.
-les Câbles de Lyon équipaient le réseau téléphonique filaire et
l'équipement en fibre optique.

Le concurrent le plus important restait Siemens, car CGE n'avait guère de
position aux États-Unis. CGE avait réussi à dépasser Siemens dans tous les
compartiments. Mais aujourd'hui Siemens qui a refusé de se soumettre à la
"logique boursière" a éclipsé Alstom et menace les autres entités du groupe.

Georges Pébereau a observé une dégradation de l'environnement dès 1es années
1974 avec des interventions gouvernementales arbitraires et surtout après
1986 où les noyaux durs n'ont eu aucun effet sur le démantèlement du groupe.
Il approuve l'intention de redonner priorité à la recherche mais a opposé la
symbiose de la CIT avec le CNET à l'inefficacité de la synergie de
l'industrie avec le CNRS.
Il a osé dire que la France était menacée par une Côte-d'Ivoirisation [le
néologisme est de moi, mais la référence est du conférencier] à moins qu'un
retour à un Pompidou européen (c'est à dire que l'Union Européenne adopte
une vraie politique industrielle avant de donner la priorité au
libre-échangisme) n'arrête le déclin.

[S'il m'est permis d'ajouter une opinion, je dirais que de limiter à
l'Europe le champ d'action d'une grande entreprise industrielle est
probablement obsolète, à l'heure où la plupart de ses confrères
produisent -le plus souvent indirectement- en Chine et où -sauf rachat
massif du capital - celui-ci est devenu apatride et insaisissable.
Mais, l'opinion de Georges Pébereau pourrait, peut-être, justifier le modèle
chinois capitaliste qui limite la libéralisation des capitaux pour maintenir
la croissance de son industrie ]

agJean Bellec

pebereau